Libre participation

Mots-clés au Centre de Partage : co-responsabilité, sobriété, libre-participation. 

La libre-participation est avant tout un cri du cœur de confiance et de lâcher-prise… Avec elle, je fais le pari de lâcher le contrôle des choses, des gens, de la vie… J’abandonne l’illusion de tout mesurer, quantifier, prévoir, analyser, pour faire confiance dans la bienveillance mutuelle, pour m’en remettre à plus grand que moi, « Nous », « la Vie », « Dieu », … que sais-je…

La libre-participation est aussi un acte de conscience, bien éloigné de l’abandon de responsabilité… Il implique plusieurs étapes.

Première étape : Pour celui qui propose le service, oser évaluer la valeur du service, son besoin et les exprimer avec simplicité et légèreté. Il n’est pas question de dire « vous donnez ce que vous voulez, je ne veux pas le savoir… ». Non… si je veux favoriser la conscience dans ma relation à l’autre, je dois commencer avec moi-même et évaluer le plus clairement possible mes besoins.

Deuxième étape : donner la parole à l’autre et l’inviter à se positionner en conscience à partir de ma proposition. Là aussi, plusieurs aspects interviennent…

Deux exemples concrets : la participation aux frais de séjour et aux tâches…

Pour les frais de séjour, au Centre de Partage, nous avons évalué jadis que le coût d’une nuitée à la communauté  revenait à 8€ environ. Lorsqu’un résident nous demande de revoir son prix de référence, nous lui demandons de mettre à plat ce qu’il a réellement actuellement pour vivre… Il n’a que peu ou même rien ? Il ne donne que peu ou même rien. Mais nous souhaitons qu’il puisse partir libre de toute dette, et nous l’invitons à regarder ses comptes avec réalisme. Combien il a par mois, moins son loyer, ses charges, ses dettes, ses frais médicaux, ses pensions alimentaires… Combien il reste par mois ? Moins l’argent pour les transports, vêtements et divers… Voilà ce qui reste pour manger… Divisé par 30 jours… C’est le budget alimentaire journalier et donc le prix de séjour journalier réel du résident… A partir de là, peut venir une adaptation en plus ou en moins selon le vécu, l’envie de soutenir le projet… 

Pour la participation aux tâches à la communauté, c’est la même chose.

La première étape est souvent pour nous difficile… Dire nos besoins, et les redire, les redire encore… Si chaque personne qui vit (prend ses repas à la communauté) donnait environ deux heures de sa journée, nous couvririons largement tous les besoins du lieu…

La deuxième étape est plus sensible… As-tu les moyens physiques, le moral, pour participer aux tâches communes pendant deux heures ? Comment respecter tes limites tout en ne te reposant pas excessivement sur les autres ?

Vient enfin la notion d’envie et de plaisir… Pour la cuisine, c’est relativement facile… trouver du monde pour préparer les bons plats qu’on va déguster ensuite est plus aisé. Pour le potager, ç’est déjà moins aisé, le désherbage ne produit pas un bénéfice immédiat, et pour le nettoyage, c’est le pire… On a toujours l’impression de nettoyer la crasse des autres ! 

L’idéal serait d’en prendre conscience pour le verbaliser et le dépasser…